Paul KAGAME à l’ONU : « La démocratie à l’occidentale, ce n’est pas pour tout le monde »…

Au pouvoir depuis 1994  et aujourd’hui âgé de 59 ans, Paul Kagame, l’homme fort du Rwanda, lors de son passage à New York, a estimé que “la démocratie à l’Occidentale” ne pouvait pas s’appliquer à tout le monde et a fustigé un double discours de la part des pays occidentaux.

Le chef de l’Etat rwandais avait été  plébiscité par plus de 98% des votants et réélu pour un troisième mandat de sept ans à la tête d’un pays qu’il dirige d’une main de fer, depuis 23 ans. Ainsi, à la suite de ce troisième renouvellement de son mandat, beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer cette « forme de monopartisme démocratique » grâce à laquelle Kagamé est chaque fois réélu à la tête du Rwanda avec des élections revêtant tous les apparats de la démocratie dans le cadre d’un multipartisme… de façade. Le chef de l’Etat avait recueilli plus de 98 % des suffrages lors de ce scrutin, un score jugé peu crédible par les Etats-Unis, mais normal par l’homme fort de Kigali.

S’étant alors préparé à répondre aux apôtres de la démocratie,  très remontés contre lui, à la suite du troisième renouvellement de son mandat, Paul KAGAME , au siège des Nations Unis à New York, s’est insurgé contre la conception occidentale de la « démocratie » , qui , à son avis , ne serait être universelle.

« La démocratie occidentale, qu’est-ce que cela veut dire? », a demandé de manière rhétorique Paul Kagame, mardi 19 septembre, devant un public rassemblé au Council for Foreign Relations, à New York.

« Les choses peuvent se passer différemment dans d’autres pays mais au Rwanda un tel score n’est pas surprenant », a-t-il indiqué. « Le résultat aurait aussi bien pu être de 100 %. » Cette réélection a été rendue possible grâce à un changement de la Constitution rwandaise, approuvée à une écrasante majorité par un référendum fin 2015, dans ce pays où l’opposition politique peine à se faire entendre.

« La démocratie à l’occidentale, ce n’est pas pour tout le monde »

« La démocratie, oui, bien-sûr », a lancé Paul Kagamé lors de cet échange entre lui, l’animateur de la discussion et le public. « C’est un principe auquel chacun de nous veut être associé, du moment que le contexte, l’histoire et la culture d’un pays le permettent. Mais l’Occident dit à tout le monde de rentrer dans le moule de la démocratie occidentale, or ce n’est pas possible. »

« L’Occident parle aussi beaucoup de liberté et donne des leçons sur ce sujet, mais le fait d’imposer aux gens la façon dont ils devraient vivre leur vie revient justement à nier la liberté des peuples », a-t-il poursuivi.

En effet, avec ses éliminations physiques des opposants, les dérives autocratiques de plus en plus marquées ou la crainte qu’il fait régner sur tout un peuple, sans parler de l’instrumentalisation des élections pour se maintenir au pouvoir, le numéro un rwandais se voit de plus en plus isolé du soutien occidental, autrefois inconditionnel. En juillet, l’ONG Amnesty International a dénoncé dans un rapport les dérives répressives du pouvoir au Rwanda, citant comme exemple de violations des droits de l‘Homme le meurtre d’un opposant politique et le billonnage des médias.

Des accusations infondées selon le chef d’Etat, qui critique à son tour « le double discours » de ses « amis », les Etats-Unis et de l’Europe. « Avant le changement de la Constitution, on m’a dit : ‘Tu dois partir, quelqu’un d’autre doit prendre ta succession, tu peux nommer quelqu’un’ », a-t-il raconté, qualifiant cet épisode de « ridicule ».

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