Félix Tshisekedi doit gérer deux affaires pétrolières sur lesquelles le pouvoir de Kabila a avancé à la dernière minute.

Las de la lenteur avec laquelle le projet de développement des gisements du lac Albert avance, Patrick Pouyanné s’est déplacé pour accélérer le processus.

L’objectif de Total est désormais clair, prendre la décision finale d’investissement sur ses gisements ougandais à la mi-2019. Ce message, martelé par le PDG de Total, Patrick Pouyanné, lors de la visite secrète qu’il a rendue au président ougandais Yoweri Museveni le 18 janvier, dépend encore cependant de la réactivité des autorités locales. Le numéro un de Total a rappelé au président que pour tenir cet objectif, il va falloir hâter la transcription en loi de l’accord intergouvernemental signé le 26 mai 2017 entre l’Ouganda et la Tanzanie qui prévoit les conditions financières et fiscales de la construction de l’oléoduc d’exportation qui aboutira au port de Tanga. Kampala n’a quasiment pas avancé sur ce volet et aucune décision d’investissement n’est possible sans un effort rapide de l’Ouganda à ce niveau. Autre pierre d’achoppement freinant le projet : la cession des parts de Tullow Oil à Total . Patrick Pouyanné a proposé lors de son entretien des garanties de Total afin que se règle au plus vite ce dossier de taxe sur les plus-values de cession dont Tullow Oil doit s’acquitter afin de conclure la vente de 22 de ses 33% à ses partenaires. Jusqu’à maintenant, la junior britannique rechigne à payer les 167 millions $ réclamés par l’intraitable Uganda Revenue Authority (URA) dirigé par la puissante Doris Akol. Toujours lors cette rencontre à Entebbe, le dirigeant de Total a aussi assuré le chef de l’Etat ougandais que Total s’engageait à approvisionner la future raffinerie de Kabaale à hauteur de 60 000 b/j et que la major prendrait bien une participation significative dans l’usine. D’autre part, il a réaffirmé que le coût de l’oléoduc serait fixé à 12,77 $ par baril. Ce prix permettra de calculer le cost oil et donc, par ricochet, ce que pourront se répartir les compagnies et l’Etat ougandais comme profit (profit oil). Kampala a pesé pour que ce prix soit abaissé au maximum afin d’obtenir de meilleurs revenus.

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